La campagne participative est lancée : c’est pas un truc en l’air

Publié le par Zéro Royal


CNIT de La Défense. Samedi 16 Décembre 2006.

Tout le gratin politicien de gauche (PS, MRG, MRC) est là. La madone lance sa "campagne participative".

Avant la phase de confrontation (il faudra quand même bien y passer un jour), cette première phase de conquête du pouvoir, jusqu’à la mi-février, est la phase de consultation.

Comme toujours, je mets des "guillemets" quand je la cite car ses formules en ségolénais sont si incroyables que vous pourriez croire que je les ai inventées.
 
 

Son slogan : "Pour que ça change fort".

Son objectif : "L'idée, c’est de dire : mon projet présidentiel, je l'ai construit avec les français".

Sa méthode "artisanale" : Aller recueillir des "pépites" chez les français, "organiser des débats participatifs dans toute la France" (4 millions d’euros soit 20% du budget de la campagne seront alloués aux départements).

Sa "morale de l’action" : "Ce travail est un travail sérieux, c'est pas un truc en l'air, c'est quelque chose qui va nous obliger".

Et la ségolénade du jour : "L’enjeu de cette campagne, c’est de raccrocher les français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance".


La victoire en chantant

Regardant dans les yeux les responsables et militants réunis, la candidate les a incités à organiser des débats "à tous les échelons", "dans un quartier, une rue, un bistrot, un appartement", évoquant également des "réunions sous la tente", grâce à un chapiteau itinérant. Elle veut des débats "ludiques", "gais", avec "de la culture", "de la poésie", voire "des intermittents du spectacle".

Que tous ceux qui ont écrit un poème ou une chanson sur elle, tous les blogueurs auteurs de pamphlets ou de satires se mobilisent. Qu’ils aillent frapper à la porte des débats participatifs, ils y seront accueillis les bras ouverts. Même si c’est contre elle ? Bien sûr, vous ne craignez rien, ce sont des débats participatifs dans la campagne du respect.


Un kit de campagne

Comme la plupart des militants et cadres du PS sont un peu paumés et n’ont pas d’expérience sur cette nouvelle façon de faire de la vraie politique, elle leur a distribué un "kit de campagne pour réussir un débat participatif". Ce kit est constitué de "diaporamas thématiques" et d’un petit carnet à spirales expliquant comment organiser ce type de débat autour de quatre thèmes : l'éducation, la formation et l'accès au travail, le combat contre "toutes les formes de violence", la "vie chère" et "l'environnement".

Comme je n’étais pas invité à La Défense, j’ai imaginé les conseils qui pouvaient être donnés dans ce kit :

1/ Bien choisir le public et le thème de la réunion participative, c’est très important. Par exemple, évitez la vie chère à Neuilly, l’accès au travail dans les maisons de retraite, le combat contre toutes les formes de violence dans les banlieues chaudes, l’environnement dans les prisons,…

2/ Soyez "imaginatifs" pour "attirer des français qui ne sont jamais venus dans une campagne" : annonce d’un strip-tease de la candidate ou de son époux (pour un public gay), promesse de distribution de logements décents (pour cibler les SDF qui votent), de consoles Wii de Nintendo (pour attirer les jeunes électeurs),…

3/ En début de réunion, vérifier que les participants sont de vrais gens et veillez à les placer par ordre croissant de taille (les plus petits devant) de façon à respecter un ordre juste, les débats ne s’en dérouleront que mieux.

4/ Le diaporama comporte quatre thèmes (printemps, été, automne et hiver). On y voit la madonne en différentes tenues et postures. Pendant sa projection, ne faites aucun commentaire et mettez la sono à fond (avec musique d’ambiance adaptée à chaque saison) pour couvrir tous quolibets, sifflets ou manifestations discriminatoires à connotation sexuelle.

5/ Employez tous les moyens pour animer les débats toujours dans le sens de la candidate. Le nom de Sarkozy doit y être sifflé au moins six fois par heure, c’est indispensable. Si des contradicteurs se manifestent, expulsez-les immédiatement manu militari de la salle, avec respect.

6/ Pour clôturer la séance, n’oubliez pas de chanter. L’Internationale ? Sûrement pas, ce n’est pas la conception de la politique que défend la candidate. Ni la Marseillaise, c’est trop polémique. En attendant que sorte la chanson officielle de sa campagne, trouver un chant d’espoir comme "C’est quand le bonheur" de Cali (mais ne donnez aucune date).

 

Publié dans zero.royal

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Florence 23/12/2006 08:27

Je plaisantais, cher ami! Mais je pense que je ne suis pas dans le faux en disant qu'elle serait certainement très mécontente de nos ardeurs à nous battre contre sa candidature!

Florence 22/12/2006 19:58

Vous croyez que Royal aurait pitié de ses détracteurs? Si elle vous avait en face.... ou moi?
Si pas de guillotine, le peloton d'exécution ? :-)

Zéro Royal 23/12/2006 01:20

Du calme Florence.

Votre poème « Vous dansez Ségolène ? » est sur http://www.zero-royal.com/article-4987185.html (j’ai pas réussi à mettre le diaporama, sorry !)

 

Florence 18/12/2006 20:06

Ah ça pour sûr! Je crois qu'elle adorerait le poème «Vous dansez Ségolène». Je vais voir pour l'envoyer sur le site Désirs d'Avenir en signe de solidarité...
Pour le kit de campagne, je crois que vous avez oublié un point :
Condition no 1 pour commencer la campagne: éloigner tous les machos, les anti-féministes, les gens sensés, les gens intelligents, les mauvais élèves. Pour ceux qui seront là, prévoir des gommettes pour les remercier de leur présence et un bonnet d'âne pour ceux qui n'auront rien compris au discours de la Mère supérieure Royale. Ah! J'oubliais! La guillotine pour ceux qui ne seraient éventuellement pas d'accord ou qui auraient des objections.
 
 
 
 

Zéro Royal 22/12/2006 09:21

Pas la guillotine quand même. Y aura une grâce Royal pour les condamnés.